mercredi 15 mai 2013

Morceau de vie à la ferme Laplace



Je tiens tout d'abord à remercier Claude Dulhoste pour sa participation à ce blog. Pour ses photos qu'il partage avec nous ainsi qu'un peu d'histoire d'un Conchez qui change inexorablement. J'invite encore les personnes qui disposent d'informations sur notre village, à les partager avec nous. Les outils numériques permettent de les transmettre et de les conserver si facilement. Bonne lecture à toutes et à tous.

"Comme beaucoup de Bordelais issus de familles nombreuses, pendant et après la guerre 39/45, de 1952 à 1957, j'ai été placé durant toutes les vacances scolaires prolongées par la période des vendanges dans la ferme de Jean-Baptiste Laplace. En 1952, j'avais 9ans (les vaches étaient plus grandes que moi…) 
 
 
 
En 1954 au décès de ma mère j'ai passé l'année scolaire à Conchez, où j'allais à l'école, nous avions une institutrice célibataire, Mlle ASCASO. Au mois de Mai, Mlle ASCASO aidait les élèves à préparer les cadeaux pour la fête des mères, moi petit vacher Bordelais, je venais de perdre ma maman, pour atténuer ma tristesse, elle m'a offert une boite de crayons de couleur, je n'ai jamais oublié ce geste.
En 1955, je suis allé comme vacher à Cadillon chez Jean-Marie Poulit (je suis resté en contact avec Bernard Poulit que j'ai connu tout petit) il habite Vialer. Je suis revenu chez Laplace en 1956 et 1957. C'était une belle ferme, dans l'étable: deux paires de puissants bœufs: Mascaret-Mulet et Marty-Boué, un taureau reproducteur charolais: Prosper auquel j'avais donné le biberon quand il était un petit veau, une dizaine de vaches et Génisses: Plaisir, Titine, Guiguite, piguette, Corbeau, Toulouse, Landaise… et toujours un ou deux veaux.
 

 
Je me souviens toujours de leurs places dans l'étable. C'était étonnant de les voir rejoindre l'étable en rentrant des champs, chaque bête se mettait à sa place respective, et se laissait passer la chaîne autour du cou sans aucune agressivité.
J.B Laplace avait des champs derrière la ferme, au Lisau, à Saint-Jean Poudge, des champs et des vignes après la ferme Brus. 
 
 
 
Quand j'amenais le troupeau à Saint-Jean Poudge (environ 3 km), Je partais pour la journée après la traite des vaches avec 2 œufs aux plat entre 2 tranches de pain. Je me "retirais" des champs quand le soleil touchait l'horizon, le troupeau s'abreuvait en passant au Lées juste après le petit pont. Nous passions à table lorsque les vaches étaient traites et les litières propres.
 
 
 
Au tout début des années 50, les labours s'effectuaient avec deux paires de bœufs et le Braban, pareil pour les foins et les moissons. Le battage du blé à la ferme était une institution, un moment de convivialité et d'entraide respective. Je me souviens au tout début d'avoir assisté à la mise en position dans la cour de la ferme, de la machine à vapeur qui fournissait l'énergie pour entraîner les courroies et de l'imposante batteuse. Les deux paires de bœufs avaient grand peine à monter la petite côte non goudronnée devant la ferme, plus tard, un gros tracteur vert a remplacé les bœufs et la machine à vapeur. Je peux dire que j'ai connu la fin de cette façon de travailler ancestrale, avant que la mécanisation ne révolutionne le travail des champs, et il faut reconnaître rende plus facile la vie des paysans."
 
Claude Dulhoste (2013) 

 Toutes les photos de la ferme Laplace:


6 commentaires:

Adeline a dit…

Merci pour cette belle description de ces temps anciens si beaux! je vois bien l'endroit où vous alliez faire boire les bêtes au Léez. Puis-je vous demander si vous avez connu le petit train de Lembeye-Garlin ? par où passait-il ?

Claude Dulhoste a dit…

Je n'ai pas connu le petit train Lembeye-Garlin.
J'ai retrouvé à Vialler, 60 ans après, Yvette Prugues avec qui j'étais en classe, elle m'a rappelé le nom de notre institutrice célibataire Mlle ASCASO

Ayma a dit…

En 1954, Mlle ASCASO...
Avez-vous quelques souvenirs de cette année passée à l'école de Conchez. Le bâtiment, l'hiver, le rythme...
Puis-je rajouter le nom de votre institutrice dans le corps de votre article?

Claude Dulhoste a dit…

Bien sûr, vous pouvez ajouter Mlle ASCASO,institutrice à conchez dans les années 50.

Claude Dulhoste a dit…

Je me souviens, en 1954, j'ai passé toute mon année scolaire à Conchez. Au mois de Mai, Mlle ASCASO aidait les élèves à préparer les cadeaux pour la fête des mères, moi petit vacher Bordelais, je venais de perdre ma maman, pour atténuer ma tristesse, elle ma offert une boite de crayons de couleur, je n'ai jamais oublié ce geste.

Ayma a dit…

Merci Claude. J'espère que vous allez bien.