jeudi 29 octobre 2026

Calvinisme de Béarn - Fondeville - Barthety - 1880

 

 

Sans trop nous éloigner du sujet de Conchez de Béarn, nous retrouvons des informations sur Jean Fondeville, ancien pasteur de Conchez en 1620. Que pouvons-nous y lire?

La Pastourale deu Paysaa a valu au nom de Fondeville l'honneur de conserver une place importante dans l'histoire littéraire du Béarn. Mais la renommée que cet ouvrage a méritée à son auteur n'a pas suffi pour dissiper les ténèbres dont sa vie est enveloppée. (...)

Le premier document où le nom de Fondeville soit cité remonte à la fin du XVIe siècle. Le 1er mai 1592, nous voyons Arnaud de Fonsdeville, ministre de la parole de Dieu, figurer avec deux de ses collègues, Jean de Diserotte et Jacques de Bustanobis, dans un acte retenu par Tristan de Lassalle, notaire à Oloron, et par lequel ces trois personnages prennent à bail, de Bernard de Colomès, conseiller et maitre des requêtes du roi, ainsi que Gratie de Gassion, sa femme, propriétaire de la seigneurie de Goès, la moitié de la dime du lieu d'Arette. 

 Nous ne saurions dire si ce Fonsdeville fut le père de Jean de Fondeville que nous rencontrons "maistre passé" continuant ses études, tant en théologie qu'en langues hébraïques et grecque, au collège royal d'Orthez, du 1er octobre 1611 au 1er août 1618, d'après les certificats fournis par les professeurs Blair, Majendie et Charles. En cette année 1618, et ses études étant terminées, Fondeville fut admis au saint ministère par le synode tenu à Pau le 28 septembre; comme il n'y avait pas en ce moment de place vacante sur le rôle des pasteurs payés par le roi, il fut prêté à l'église de Bigorre jusqu'à la tenue du prochain synode. Ce prêt n'eut pas une longue durée, car, en janvier 1619, Fondeville fut désigné pour remplacer, à Lucq, le ministre Paloque, alors malade; de Lucq, il fut envoyé la même année à Conchez, comme subsidiare d'Arnaud de Puyol, et en 1620 il devint pasteur titulaire à Osse. Son séjour dans cette localité dura peu et le colloque d'Oloron, de qui relevait l'église d'Osse, dut bientôt prononcer contre lui la peine rigoureuse de la déposition, confirmée par le synode national tenu à Charenton en 1623.

Dans le précédent article sur Fondeville nous avions déjà présenté ces événements tout en définissant quelques termes comme celui de "synode".

Poursuivons sur cet ancien pasteur de Conchez:

"Les intérêts pécuniaires de Fondeville n'eurent point à souffrir de l'abandon qu'il fit de sa religion. Pour faciliter la conversation des ministres à la foi catholique, il était d'usage de leur continuer, à titre de pension, les émoluments qu'ils touchaient comme pasteurs. Une ordonnance de Louis XIII, du 26 novembre 1624, lui attribua tout d'abord les 450 livres de ses gages de 1623. L'assemblée du clergé réduisit ce secours à 200 livres vers 1625; mais l'évêque de Lescar prit en main la cause du nouveau converti et le roi accorda d'une manière définitive, le 31 mars 1628, sur les charges locales du Béarn, les 480 livres qui auraient été payées à Fondeville s'il avait continué à exercer le ministère pastoral.

Ce fut vraisemblablement vers cette époque que Fondeville dut s'établir à Lescar, attiré sans doute dans cette ville par son mariage avec Marie de Cole, dont le frère, Dom Blaise, religieux de St-Paul, habitait le collège des Barnabites.(...)

Fondeville ne devait pas survivre longtemps à Marie de Cole; il mourut en effet à la fin de 1646, ainsi que le constate un certificat par lequel les jurats de Lescar affirment qu'il laissait trois jeunes orphelins presque sans aucun bien et sans autres parents que le R.P.D. Blaise Cole, leur oncle.

Afin de créer quelques liens qui pourraient éventuellement permettre des recherches supplémentaires, je vais avancer sur son lien généalogique descendant.

Les trois enfants de Jean de Fondeville étaient: une fille, Marie, qui épousa Jacob de Lechemia, et mourut le 4 avril 1688, ainsi que le constate l'épitaphe de sa tombe dans la cathédrale de Lescar, et deux fils, l'un devint prêtre et sur lequel nous n'avons pas d'autres renseignements, et l'autre, Jean-Henri, l'ainé de tous, l'auteur des poésies qui sont l'occasion de cette étude. Ce dernier naquit vers 1633 et en fut baptisé que la 1er avril 1638, ayant pour parrain Monseigneur Jean-Henri de Salettes, év^que de Lescar. Il ne parait pas avoir conservé, comme cela se fit parfois, la jouissance de la pension accordée à son père. (...)

 


Mais nous devons à l'épitaphe encore lisible sur la tombe de la famille dans la cathédrale de Lescar, de pouvoir ajouter au titre d'avocat porté par Jean-Henri, le souvenir de ses brillantes qualités de poète; "Patronu et poeta facundus" dit l'incription, (...)


 

 

 

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