jeudi 29 octobre 2026

Calvinisme de Béarn - Fondeville - Barthety - 1880

 

 

Sans trop nous éloigner du sujet de Conchez de Béarn, nous retrouvons des informations sur Jean Fondeville, ancien pasteur de Conchez en 1620. Que pouvons-nous y lire?

La Pastourale deu Paysaa a valu au nom de Fondeville l'honneur de conserver une place importante dans l'histoire littéraire du Béarn. Mais la renommée que cet ouvrage a méritée à son auteur n'a pas suffi pour dissiper les ténèbres dont sa vie est enveloppée. (...)

Le premier document où le nom de Fondeville soit cité remonte à la fin du XVIe siècle. Le 1er mai 1592, nous voyons Arnaud de Fonsdeville, ministre de la parole de Dieu, figurer avec deux de ses collègues, Jean de Diserotte et Jacques de Bustanobis, dans un acte retenu par Tristan de Lassalle, notaire à Oloron, et par lequel ces trois personnages prennent à bail, de Bernard de Colomès, conseiller et maitre des requêtes du roi, ainsi que Gratie de Gassion, sa femme, propriétaire de la seigneurie de Goès, la moitié de la dime du lieu d'Arette. 

 Nous ne saurions dire si ce Fonsdeville fut le père de Jean de Fondeville que nous rencontrons "maistre passé" continuant ses études, tant en théologie qu'en langues hébraïques et grecque, au collège royal d'Orthez, du 1er octobre 1611 au 1er août 1618, d'après les certificats fournis par les professeurs Blair, Majendie et Charles. En cette année 1618, et ses études étant terminées, Fondeville fut admis au saint ministère par le synode tenu à Pau le 28 septembre; comme il n'y avait pas en ce moment de place vacante sur le rôle des pasteurs payés par le roi, il fut prêté à l'église de Bigorre jusqu'à la tenue du prochain synode. Ce prêt n'eut pas une longue durée, car, en janvier 1619, Fondeville fut désigné pour remplacer, à Lucq, le ministre Paloque, alors malade; de Lucq, il fut envoyé la même année à Conchez, comme subsidiare d'Arnaud de Puyol, et en 1620 il devint pasteur titulaire à Osse. Son séjour dans cette localité dura peu et le colloque d'Oloron, de qui relevait l'église d'Osse, dut bientôt prononcer contre lui la peine rigoureuse de la déposition, confirmée par le synode national tenu à Charenton en 1623.

Dans le précédent article sur Fondeville nous avions déjà présenté ces événements tout en définissant quelques termes comme celui de "synode".

Poursuivons sur cet ancien pasteur de Conchez:

"Les intérêts pécuniaires de Fondeville n'eurent point à souffrir de l'abandon qu'il fit de sa religion. Pour faciliter la conversation des ministres à la foi catholique, il était d'usage de leur continuer, à titre de pension, les émoluments qu'ils touchaient comme pasteurs. Une ordonnance de Louis XIII, du 26 novembre 1624, lui attribua tout d'abord les 450 livres de ses gages de 1623. L'assemblée du clergé réduisit ce secours à 200 livres vers 1625; mais l'évêque de Lescar prit en main la cause du nouveau converti et le roi accorda d'une manière définitive, le 31 mars 1628, sur les charges locales du Béarn, les 480 livres qui auraient été payées à Fondeville s'il avait continué à exercer le ministère pastoral.

Ce fut vraisemblablement vers cette époque que Fondeville dut s'établir à Lescar, attiré sans doute dans cette ville par son mariage avec Marie de Cole, dont le frère, Dom Blaise, religieux de St-Paul, habitait le collège des Barnabites.(...)

Fondeville ne devait pas survivre longtemps à Marie de Cole; il mourut en effet à la fin de 1646, ainsi que le constate un certificat par lequel les jurats de Lescar affirment qu'il laissait trois jeunes orphelins presque sans aucun bien et sans autres parents que le R.P.D. Blaise Cole, leur oncle.

Afin de créer quelques liens qui pourraient éventuellement permettre des recherches supplémentaires, je vais avancer sur son lien généalogique descendant.

Les trois enfants de Jean de Fondeville étaient: une fille, Marie, qui épousa Jacob de Lechemia, et mourut le 4 avril 1688, ainsi que le constate l'épitaphe de sa tombe dans la cathédrale de Lescar, et deux fils, l'un devint prêtre et sur lequel nous n'avons pas d'autres renseignements, et l'autre, Jean-Henri, l'ainé de tous, l'auteur des poésies qui sont l'occasion de cette étude. Ce dernier naquit vers 1633 et en fut baptisé que la 1er avril 1638, ayant pour parrain Monseigneur Jean-Henri de Salettes, év^que de Lescar. Il ne parait pas avoir conservé, comme cela se fit parfois, la jouissance de la pension accordée à son père. (...)

 


Mais nous devons à l'épitaphe encore lisible sur la tombe de la famille dans la cathédrale de Lescar, de pouvoir ajouter au titre d'avocat porté par Jean-Henri, le souvenir de ses brillantes qualités de poète; "Patronu et poeta facundus" dit l'incription, (...)


 

 

 

Décès de Lacaze Jean Curia, Maréchal des Logis - 1832

 


Du service des hôpitaux militaires dans la commune de Berchem, on retrouve la trace d'un registre de décès du Sieur Lacaze Jean Curia, Maréchal des logis au 8e Régiment d'artillerie, 11e Batterie, inscrit au registre matricule du Corps sous le numéro 1082. 

Né le 10 février 1798 à Conchez dans le canton de Garlin, fils de François et d'Hélène Bilheron, est entré au dit hôpital le 11 du mois de décembre de l'an 1832. Il avait donc 34 ans et il y est décédé le même jour, apparemment des suite d'un "coup de feu".

 

Contexte historique:

    En 1832, la France vit sous la monarchie de Juillet, dirigée par le roi Louis-Philippe Ier. C’est un régime né de la révolution de juillet 1830, qui a renversé Charles X. Le pays est officiellement une monarchie constitutionnelle, mais les oppositions politiques, les difficultés sociales et les conflits religieux restent importants

    Le lieu indiqué est bien Berchem, près d’Anvers, en Belgique. À cette époque, Berchem était une commune distincte et servait de quartier général à l’armée française pendant le siège.

Le siège de la citadelle d’Anvers, en décembre 1832, auquel participa l’Armée française du Nord, commandée par le maréchal Étienne Maurice Gérard.

Ce n’était pas une guerre sur le territoire français, mais une intervention de l’armée française en Belgique, dans le cadre de la guerre belgo-néerlandaise. Le siège se déroula du 15 novembre au 23 décembre 1832, date de la capitulation des troupes néerlandaises.

Le 23 décembre 1832, les troupes néerlandaises capitulent après plusieurs semaines de siège.

 

Généalogie:

Ce militaire était le fils de François Xavier Curia Lacaze (1768-1834) qui décède donc deux ans après la mort de son fils; et d'Hélène Bilheron. Son épouse semble avoir été Roze Esperabé avec qui il semble avoir eu 4 enfants décédés en bas âge plus une fille Monique Curia Lacaze, née en 1825. 

mercredi 28 octobre 2026

Moulin de Sabathier


 

 

Lettre de recommandation - Conseil d'Arrondissement 1877

 M. Lamothe père adresse aux électeurs du canton une lettre suivante : 

Mes chers compatriotes, 

Mon âge et ma santé ne me permettent plus de continuer mes services comme membre du Conseil d'Arrondissement. Je tiens à vous remercier des témoignages de vive sympathie que j'ai toujours reçus de vous. Mon fils sollicite vos suffrages pour vous représenter au Conseil général. Il va me remplacer incessamment comme pharmacien à Garlin ; par sa présence constante au milieu de vous, il pourra se rendre compte de tous les besoins de notre canton et apporter à la défense de vos intérêts un dévouement absolu. J’ai l’espoir que vous voudrez bien lui accorder votre confiance. 

Electeurs ! Je serais heureux de vous voir reporter sur M. Casties, notaire à Conchez, vos suffrages pour le Conseil d’Arrondissement. Son expérience des affaires et ses idées conservatrices seront à vos yeux, je l'espère, la plus sérieuse des garanties. Agréez, mes chers compatriotes, l'assurance de ma sincère affection.

LAMOTHE père, pharmacien. Garlin, le 24 octobre 1877. 

 

M. Casties, notaire à Conchez, qui se présente au Conseil d’Arrondissement, adresse la circulaire suivante à ses électeurs : 

Mes chers compatriotes,  

Cédant aux instances de plusieurs amis influents, après le désistement de l’honorable M. Lamothe père, qui a daigné me recommander auprès de vous, j’ai l’honneur de solliciter vos suffrages pour représenter le canton de Garlin au Conseil d’Arrondissement. Je suis bien connu de vous : vous savez que mon dévouement ne vous fera jamais défaut. Maire de Conchez pendant onze ans, j'ai pu acquérir d'utiles connaissances administratives, et mes fonctions de notaire me faciliteront particulièrement l'étude et la défense de vos intérêts. En politique, vous trouverez toujours en moi an homme résolu à soutenir avec fermeté, tous les principes conservateurs. 

Agréez, mes chers compatriotes, l'assurance de mes sentiments dévoués. 

CASTIES, notaire. Conchez, le 23 octobre 1877.

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Contexte de l'époque:

    En 1877, la France est sous la IIIᵉ République, mais le régime est encore fragile et les tensions politiques sont fortes. La France se relève de la défaite contre la Prusse, de la chute du Second Empire et des événements dramatiques de la Commune de Paris. 

1. Une République encore fragile

Le président est le maréchal Patrice de Mac Mahon, conservateur et favorable à l'ordre moral. Le 16 mai 1877, une grave crise l'oppose aux républicains. Après la dissolution de la Chambre, les élections d'octobre confirment la majorité républicaine. La République sort renforcée de cette épreuve.

2. Le souvenir de la guerre de 1870-1871

La défaite contre la Prusse, la chute de Napoléon III et la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine marquent encore profondément le pays. La France modernise son armée et cherche à retrouver sa puissance militaire.

 3. L'armée française en 1877

La loi militaire du 27 juillet 1872 a réorganisé le recrutement après la défaite de 1870. Le service repose sur la conscription, avec tirage au sort et des durées de service différentes selon les situations. Pour retrouver le parcours d'un ancêtre soldat, les registres matricules et les archives militaires sont donc des sources essentielles.

4. La vie quotidienne dans le Béarn

Dans les villages des Basses-Pyrénées, comme Conchez, la vie reste largement rurale. L'agriculture, les travaux saisonniers, la famille et la paroisse structurent encore le quotidien, même si les chemins de fer, l'école et les transformations économiques font évoluer les campagnes. Les conditions exactes varient selon les familles et leur niveau de vie.

Fête pour recevoir son nouveau curé, M. l’abbé Paul Ferdinand - 1935


Le dimanche 29 septembre 1935, le village de Conchez était en fête pour recevoir son nouveau curé, M. l'abbé Paul Ferdinand vicaire d'Arzacq. L'église magnifiquement parée avait quelque peine à contenir la nombreuse assistance venue de Conchez et des environs. Au sanctuaire, on remarquait la présence d'une douzaine de prêtres, parmi lesquels M. l'archiprêtre de St-Martin de Pau, M. le chanoine Casteigt, M. le doyen de Garlin, etc.

    Ce dernier, après avoir rappelé le souvenir de l'ancien curé, M. Cazals, présente à la population son nouveau pasteur, qui monte à son tour en chaire pour remercier ses paroissiens de leur accueil si chaleureux et les assurer de son entier dévouement. Le discours de M. l'abbé Ferdinand produisit la meilleur impression.

    Après la cérémonie, le nouveau curé recevait à son presbytère le clergé, les maires de Conchez, de Mont, de Tadousse, ainsi que ses amis de Pau et d'Arzacq. De nombreux toasts furent prononcés, formulant les voeux de fécond apostolat. Nous y joignons les nôtres très volontiers.

Source : La patriote des Pyrénées - 8 octobre 1935 

Photographie non contractuelle !  ;-)

                                                       

Commentaires: 

L'abbé Paul Ferdinand restera abbé de Conchez jusqu'en 1946, d'après mes recherches. A noter que son prédécesseur M. Cazals était présent dans la commune de puis 1921. 

 

jeudi 22 octobre 2026

Destitution du Maire et de son Adjoint - 1847

 Le constitutionnel

Journal politique, littéraire, universel

4 janvier 1847

 

Le département des Basses-Pyrénées nomme régulièrement cinq députés des plus ministériels: MM. Lavielle, Chégaray, Daguenet, Lacaze et Ladières. Il semblerait que le ministère aurait dû se montrer satisfait de la docilité et de l’ensemble avec lesquels ce département modèle a renvoyé à la chambre des représentans si-chers à son cœur.

Point du tout. Le cabinet poursuit à outrance la répression de la moindre velléité d’indépendance parmi les fonctionnaires publics, sans excepter ceux qui tiennent leur mandat principalement de la confiance de leurs administrés.

Il vient de destituer le maire et l’adjoint de la commune de Conchez, dans l’arrondissement de Pau, pour les punir d’avoir obéi à leurs sympathies plutôt qu'à ses ordres lors du choix des membres du conseil d’arrondissement.

C’est un système complet d’oppression des consciences que le ministère appliquer dans toute la France. Les progrès de ce système sont curieux à suivre. On a frappé d’abord un grand nombre de maires pour avoir manifesté un dissentiment politique en n’adoptant pas, dans les élections de députés, les candidats de l’administration.

Des élections politiques, on passe aux élections non politiques. On destitue les maires qui votent suivant l’intérêt des localités, pour la nomination des membres des conseils généraux et des conseils d’arrondissement. Pour peu que la progression continue, la nomination d’un garde-champêtre deviendra une affaire d’Etat, et le maire qui n’aura pas donné son adhésion au candidat de tel ministre ou de tel député, sera menacé de destitution.

Une telle conduite a de grands dangers. Nous ne parlons pas du danger de voir la corruption s’étendre incessamment et gagner de proche en proche; c’est un péril dont le ministère s’effraie peu. Qu’importent les dernières conséquences de ce mal, pourvu qu’il contribue à le faire vivre?

Mais il en est une autre que les départements et les communes comprendront probablement avant même d’avoir prévu tous les funestes résultats de la corruption: c’est que les affaires locales soient très mal administrées par des hommes que la faveur ou la reconnaissance politique aura imposés aux électeurs départementaux et communaux.

Le premier châtiment des électeurs qui abdiqueront leur indépendance, sera de voir léser ces intérêts de clocher, pour le salut desquels un si grand nombre d’entre eux se laissent aller à sacrifier les intérêts généraux de la France.

 

 

Ce texte est un article de presse politique qui dénonce l’autoritarisme du gouvernement français et les pressions exercées sur les élus locaux au XIXᵉ siècle.

Le sujet principal est la défense de l’indépendance des élus face au pouvoir central. L’auteur critique la destitution du maire et de son adjoint de Conchez, dans les Basses-Pyrénées, parce qu’ils auraient voté selon leurs convictions lors de la désignation des membres du conseil d’arrondissement, plutôt que de suivre les consignes du gouvernement. Il dénonce ainsi un système dans lequel les fonctions publiques deviennent un moyen de récompenser la fidélité politique et de punir toute opposition.

Le contexte historique est celui de la France du XIXᵉ siècle, marquée par de fortes tensions entre le pouvoir central et les libertés locales. Sous les régimes politiques de cette époque, notamment la monarchie de Juillet (1830-1848) et la Deuxième République (1848-1852), les gouvernements cherchent souvent à influencer les élections et à contrôler les responsables locaux. Le vocabulaire du texte, qui évoque les « députés », les « conseils généraux » et les « conseils d’arrondissement », s’inscrit dans le cadre administratif et politique du XIXᵉ siècle.


Dans mes statistiques de la commune de Conchez, en 1846 le maire était M. Aristide FERRIER, remplacé pour deux ans par M. Théophile DUCASTAING. Celui-ci restera à la tête de la Mairie jusqu'aux élections de 1848 qui se dérouleront au suffrage universel pour renouveler l'intégralité des conseils. Nous sommes là sous la IIe République.

 

mercredi 21 octobre 2026

Nominations en 1955

Le journal de Biarritz et de la Côte Basque - 01 juillet 1955

 

15 nouveaux prêtres ont reçu jeudi, des mains de S. Exc. Mgr. Terrier le Sacrement de l'Ordination

Jeudi en la Cathédrale, en présence d'une grande foule, S. E. Mgr Terrier, évêque de Bayonne, a procédé à l'ordination de 15 nouveaux prêtres.

Nominations 

Par décision de Mgr l'Evêque:

M. l'abbé Antoine de Condé, curé de Conchez est nommé curé-doyen de Garlin en remplacement de M. le chanoine Jean Vincent Cathalinat, décédé.

mardi 20 octobre 2026

Révocation et démission du Maire en 1941


 

Vice Président du Conseil

Ministère des Affaires étrangères - N°60. Le mardi 21 octobre 1941

Le maréchal Pétain, agissant conformément aux pouvoirs qu'il tient de l'acte constitutionnel n°7, vient d'ordonner une série de mesures frappant les responsables de notre défaite ainsi, suivant les paroles mêmes du Maréchal, "une première étape franchie dans la voie de la justice due à la Nation"

En effet, les peines prononcées par le Chef de ne sont pas définitives; les sanctions définitives, qui relèvent de la ?? de Riom et qui seront sans appel, pourront transformer les sanctions ordonnées par le Maréchal en d'autres peut-être plus graves. La justice du Maréchal s'est abattue dès maintenant sur les coupables, c'est parce que la procédure juridictionnelle "avec sa prudence, ses lenteurs, sa marche à pas comptés, aggravait le malaise qui oppressait le pays".

C'est donc à un point de vue hautement national que le Maréchal s'est placé en prenant les graves décisions qu'il a annoncées dans l'allocution radiodiffusée qu'il prononça jeudi 16 octobre.

 

f) SANCTIONS ADMINISTRATIVES

-- Démission d'office de conseillers généraux

Sont déclarés démissionnaires d'office de leurs fonctions: 

M. Julien (Jean), conseiller général de Brest (3e canton)

(JO du 16 octobre) 

(...)

-- Révocation et démission d'office de maires

Sont révoqués ou déclarés démissionnaires d'office:

M. Henninot (Gaston), maire d'Hordain (Nord) (J.O. du 15 octobre)

(...)

M. Castagnou, maire de Conchez (Basses-Pyrénées)

(J.O. du 17 octobre) 

 


Journal officiel de la République française. Lois et décrets 

Considérant que M. Castagnou, maire de la commune de Conchez (Basses-Pyrénées), manifeste une hostilité systématique à l’œuvre de rénovation nationale, 

Arrête: 

Art 1 er . — M. Castagnou, maire de la commune de Conchez (Basses-Pyrénées), est révoqué de ses fonctions

Art. 2  --- Le Préfet des Basses-Pyrénées est chargé de l'exécution du présent arrêté.

Fait à Vichy, le 15 octobre 1941

_________________________________________________________________ 

 Cet extrait s'inscrit dans une période décisive de l'histoire de France : celle du régime de Vichy, dirigé par le maréchal Philippe Pétain, après la défaite militaire de 1940. Il témoigne de la volonté du pouvoir de réorganiser l'État, de désigner les responsables de la défaite et d'écarter certains élus locaux jugés indésirables.

Le document est particulièrement intéressant parce qu'il montre comment le régime cherche à présenter des décisions autoritaires comme des actes de justice nationale.

En juin 1940, l'armée française est battue par l'Allemagne nazie. Le gouvernement demande l'armistice, signé le 22 juin. Le pays est alors divisé en plusieurs zones, dont une zone occupée par l'armée allemande et une zone dite « libre », administrée depuis Vichy jusqu'en novembre 1942.

Le 10 juillet 1940, les parlementaires réunis à Vichy accordent les pleins pouvoirs constituants au maréchal Pétain. Dès le lendemain, celui-ci met en place un nouvel ordre institutionnel qui substitue l'« État français » à la République parlementaire. Les chambres sont ajournées et Pétain concentre les pouvoirs exécutif et législatif.

Pourquoi Pétain veut-il sanctionner les responsables de la défaite ?

L'extrait s'ouvre sur une justification politique : le maréchal aurait ordonné des mesures contre les « responsables de notre défaite ».

Cette expression renvoie au traumatisme de 1940. La défaite militaire, l'exode de millions de civils, l'armistice et la crise des institutions ont provoqué une profonde remise en cause de la IIIe République.

Le régime de Vichy construit alors un récit selon lequel la défaite ne serait pas seulement le résultat de circonstances militaires, mais aussi celui des fautes des dirigeants de la République : responsables politiques, chefs militaires et personnalités accusées d'avoir affaibli la nation.

Les sanctions remplissent donc plusieurs fonctions :

  1. Désigner des coupables et donner une explication politique à la catastrophe de 1940.

  2. Légitimer le pouvoir de Pétain, présenté comme l'autorité capable de restaurer l'ordre et de rendre justice.

  3. Rompre avec la République parlementaire, dont le régime rend les élites en partie responsables de l'effondrement.

  4. Afficher une capacité d'action immédiate, alors que la population subit encore les conséquences de la défaite et de l'occupation.

 

 

mardi 13 octobre 2026

Pierre TOULON, chasseur à la première compagnie du 24e Régiment - 1803

 


Pierre Toulon, originaire de Conchez dans les Basses-Pyrénées, était un jeune soldat de 23 ans, chasseur à la première compagnie du 24e régiment d’infanterie légère, célibataire, il est décédé à Nantes le 23 frimaire an XII, soit le 15 décembre 1803 à 4h du soir à l'Hospice de l'Humanité de cette ville. L'acte de décès a été envoyé à Conchez au maire de l'époque, Théophile Paloque.

Un moment charnière : la France est sortie de la Révolution, Napoléon Bonaparte est Premier consul et l’armée française se réorganise. Sa présence à Nantes, loin de son village béarnais, peut s’expliquer par les déplacements de troupes et les besoins militaires de cette période. Il reste toutefois à déterminer pourquoi son régiment ou une partie de ses soldats se trouvait dans cette ville.

1. La France en 1803 : la fin de la Révolution et l’ascension de Napoléon

En décembre 1803, la France vit sous le régime du Consulat, instauré après le coup d’État du 18 Brumaire (novembre 1799). Napoléon Bonaparte est Premier consul depuis 1799 et concentre progressivement le pouvoir.

Quelques repères permettent de comprendre l’époque :

  • 1800 : victoire française à Marengo, en Italie.

  • 1801 : signature du Concordat avec le pape, qui réorganise les relations entre l’État et l’Église.

  • 1802 : Napoléon devient consul à vie. Une période de paix avec le Royaume-Uni commence, mais elle sera de courte durée.

  • Mai 1803 : reprise de la guerre entre la France et le Royaume-Uni.

  • Décembre 1803 : l’armée française se prépare à de nouvelles opérations militaires, notamment face à la menace britannique.

La conscription instaurée pendant la Révolution continue d’alimenter les armées. Pour les jeunes hommes de la génération de Pierre Toulon, le service militaire peut signifier plusieurs années loin de leur famille, des déplacements à travers le pays et une exposition aux maladies autant qu'aux combats.

2. Le 24e régiment d’infanterie légère : une unité de la Révolution

Le régiment auquel appartenait Pierre Toulon avait déjà une histoire militaire importante avant son décès.

La 24e demi-brigade d’infanterie légère, créée en 1796, avait notamment participé aux campagnes de l’armée de l’Ouest, puis à celles d’Italie. En 1800, des soldats de cette unité avaient pris part à la campagne d’Italie, notamment au passage des Alpes et à la bataille de Marengo. En septembre 1803, la demi-brigade prend officiellement le nom de 24e régiment d’infanterie légère.

Le mot chasseur ne désigne pas ici un chasseur civil. C’est une fonction militaire au sein de l’infanterie légère, destinée notamment à combattre en ordre dispersé, à reconnaître le terrain et à soutenir les autres troupes.

Pierre Toulon appartenait à la première compagnie. Cela identifie plus précisément son unité, mais ne permet pas, à lui seul, de connaître son grade exact ni ses missions individuelles.

3. Pourquoi Pierre Toulon se trouvait-il à Nantes ?

C’est l’une des questions les plus intéressantes de votre recherche.

Nantes avait été profondément marquée par la Révolution et la guerre de Vendée. En 1803, la ville restait un important centre administratif, commercial et hospitalier de l’Ouest.

Le fait que Pierre, originaire de Conchez, soit décédé dans un hospice nantais pourrait correspondre à plusieurs situations :

  • il avait été hospitalisé après être tombé malade pendant son service ;

  • il avait été transféré depuis une garnison ou un autre établissement ;

  • il se trouvait dans la région dans le cadre d’un déplacement militaire.

Nous ne pouvons pas encore déterminer laquelle de ces hypothèses est la bonne. Il faudrait connaître l’emplacement exact de l’hospice et retrouver, si possible, son registre d’admission ou de décès.

Le terme « Hospice de l’Humanité » est également intéressant : pendant la Révolution, les noms des établissements hospitaliers ont parfois été modifiés dans le contexte de la déchristianisation et de la réorganisation des institutions publiques.

mardi 28 avril 2026

Rôle de la milice du Béarn ou des bandes béarnaises (MIGNOU J)

Compagnie de Conchez

Autre quartier du Bas Vic-Bilh

La Compagnie de Conchez renferme 43 soldats, 40 fusiliers et 3 grenadiers fournis par les paroisses de Portet et lous Bious, d'Aubous, de Lherm, d'Aidie et Bouezon, de Diusse, de Mont, de Conchez, de Disse, de Crouzeilles et Lapédes, de Haget, de Lasserre et Lougassous, de Bétrac, d'Idernes, de Séméac, de Blachon, de Domengeus, de Corbères, de Moncaup-Monpezat- Lous tilhs, d'Aurions, d'Arrosès-Saubamea, de Poey-Saubemea, de Cadillon, de Lahittole, Tadousse, et Lousseau, Saint-Jean-Poudge et d'Arricau. En tout 26 paroisses.

Monsieur le baron d'Angosse est capitaine de la Compagnie de Conchez.

 


CONCHEZ, lieu très élevé et sur la frontière du pays d’Armagnac. Cette paroisse

est fertile en grain  et en bon vin ; elle est sous le patronage de Saint Germain, évêque

d’Auxerre, dont on célèbre la fête  le 31 juillet. « Centulle Gaston, dit Marca, qui avaient

des inclinations à faire du bien à l’abbaye Saint-Vincent de Luc, au diocèse d’Oloron,

donna à ce monastère l’église de Saint-Genumer de Conchés, que l’Abbé Forton Gaston

posséda durant sa vie. Mais, à sa mort, son frère David eut la témérité de s’en saisir,

comme si, ce bien ecclésiastique, lui eust été acquis, par succession légitime. Cette grave

affaire étant arrivée aux oreilles du Vicomte Centulle le Jeune, petit-fils de Centulle Gaston,

il contraignit le détenteur de se dessaisir de ce bénéfice et de le rendre au Monastère ; 

néanmoins, il reçut pour ses droits de justice, un mulet de la valeur de mille sols, et deux

chevaux de mille solidates. Et, maintenant, en conséquence d’une permutation faite,

longtemps après, des dismes de Lagor, avec celles de Conchés, l'évêché de Lescar est

possession de cette église (2). » Ce sont les Évêques de Lescar qui nomment à la cure

de Conchez qui envoie deux soldats à la milice.

 

Source: Pireneas Bibliothèque numérique

Revue historique et archéologique du Béarn et du Pays Basque - Février 1913 - n°38