M. Lamothe père adresse aux électeurs du canton une lettre suivante :
Mes chers compatriotes,
Mon âge et ma santé ne me permettent plus de continuer mes services comme membre du Conseil d'Arrondissement. Je tiens à vous remercier des témoignages de vive sympathie que j'ai toujours reçus de vous. Mon fils sollicite vos suffrages pour vous représenter au Conseil général. Il va me remplacer incessamment comme pharmacien à Garlin ; par sa présence constante au milieu de vous, il pourra se rendre compte de tous les besoins de notre canton et apporter à la défense de vos intérêts un dévouement absolu. J’ai l’espoir que vous voudrez bien lui accorder votre confiance.
Electeurs ! Je serais heureux de vous voir reporter sur M. Casties, notaire à Conchez, vos suffrages pour le Conseil d’Arrondissement. Son expérience des affaires et ses idées conservatrices seront à vos yeux, je l'espère, la plus sérieuse des garanties. Agréez, mes chers compatriotes, l'assurance de ma sincère affection.
LAMOTHE père, pharmacien. Garlin, le 24 octobre 1877.
M. Casties, notaire à Conchez, qui se présente au Conseil d’Arrondissement, adresse la circulaire suivante à ses électeurs :
Mes chers compatriotes,
Cédant aux instances de plusieurs amis influents, après le désistement de l’honorable M. Lamothe père, qui a daigné me recommander auprès de vous, j’ai l’honneur de solliciter vos suffrages pour représenter le canton de Garlin au Conseil d’Arrondissement. Je suis bien connu de vous : vous savez que mon dévouement ne vous fera jamais défaut. Maire de Conchez pendant onze ans, j'ai pu acquérir d'utiles connaissances administratives, et mes fonctions de notaire me faciliteront particulièrement l'étude et la défense de vos intérêts. En politique, vous trouverez toujours en moi an homme résolu à soutenir avec fermeté, tous les principes conservateurs.
Agréez, mes chers compatriotes, l'assurance de mes sentiments dévoués.
CASTIES, notaire. Conchez, le 23 octobre 1877.
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Contexte de l'époque:
En 1877, la France est sous la IIIᵉ République, mais le régime est encore fragile et les tensions politiques sont fortes. La France se relève de la défaite contre la Prusse, de la chute du Second Empire et des événements dramatiques de la Commune de Paris.
1. Une République encore fragile
Le président est le maréchal Patrice de Mac Mahon, conservateur et favorable à l'ordre moral. Le 16 mai 1877, une grave crise l'oppose aux républicains. Après la dissolution de la Chambre, les élections d'octobre confirment la majorité républicaine. La République sort renforcée de cette épreuve.2. Le souvenir de la guerre de 1870-1871
La défaite contre la Prusse, la chute de Napoléon III et la perte de l'Alsace et d'une partie de la Lorraine marquent encore profondément le pays. La France modernise son armée et cherche à retrouver sa puissance militaire.
3. L'armée française en 1877
La loi militaire du 27 juillet 1872 a réorganisé le recrutement après la défaite de 1870. Le service repose sur la conscription, avec tirage au sort et des durées de service différentes selon les situations. Pour retrouver le parcours d'un ancêtre soldat, les registres matricules et les archives militaires sont donc des sources essentielles.
4. La vie quotidienne dans le Béarn
Dans les villages des Basses-Pyrénées, comme Conchez, la vie reste largement rurale. L'agriculture, les travaux saisonniers, la famille et la paroisse structurent encore le quotidien, même si les chemins de fer, l'école et les transformations économiques font évoluer les campagnes. Les conditions exactes varient selon les familles et leur niveau de vie.

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